Photo noir et blanc de Claude Jutra et Geneviève Bujold tirée du film Claude Jutra, portrait sur film réalisé par Paule Baillargeon en 2002.

Mandat

L’Office national du film du Canada (ONF) est une agence culturelle fédérale qui relève du ministère du Patrimoine canadien. L’ONF, connu alors sous le nom de Commission nationale sur le cinématographe, a été créé par une loi du Parlement en 1939. Son mandat, tel qu’il est défini dans la Loi sur le cinéma de 1950, est de « produire et distribuer des films destinés à faire connaître et comprendre le Canada aux Canadiens et aux autres nations, et promouvoir la production et la distribution de tels films ».

Le mandat de l’ONF a été réévalué à quelques reprises au fil des années, afin de tenir compte de l’évolution du milieu audiovisuel et de la conjoncture financière et sociale.

Cette interprétation du mandat traduit la nouvelle vision du rôle de l’ONF : « L’Office national du film du Canada a pour mission de produire et distribuer des œuvres audiovisuelles distinctives, originales et innovatrices de manière à faire connaître et comprendre aux Canadiens et aux autres nations les valeurs et les points de vue canadiens ainsi que les questions d’intérêt pour la population canadienne. »

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  • 1939 : Application de la Loi créant une Commission nationale sur le cinématographe
  • 1950 : Promulgation de la Loi nationale sur le film
  • 1965 : Régionalisation des activités
  • 1973 : Développement de l’aide artisanale
  • 1978 : Transfert au secteur indépendant de la responsabilité de la production des films commandités
  • 1980 : Précisions au mandat original apportées par le conseil d’administration
  • 1980 : Création du Comité Applebaum-Hébert
  • 1984 : Publication de la Politique nationale du film et de la vidéo
  • 1995 : Réévaluation du mandat de l’ONF par le Comité de révision des mandats
  • 1996 : Approbation par le conseil d’administration du Plan d’action pour l’ONF de l’an 2000
  • 2002 : Approbation par le conseil d’administration du Plan stratégique 2002 – 2006
  • 2008: Une nouvelle stratégie de l’ONF à l’ère numérique

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1939 : Application de la Loi créant une Commission nationale sur le cinématographe
En mai, la Loi créant une Commission nationale sur le cinématographe (bientôt connue sous le nom d’Office national du film), dont l’activité complète celle du Government Motion Picture Bureau, est mise de l’avant. Celle-ci stipule que l’ONF doit veiller à « la production et la distribution de films nationaux destinés à aider les Canadiens de toutes les parties du Canada à comprendre les modes d’existence et les problèmes des Canadiens d’autres parties ».

Cette loi indique également que l’Office, dont le siège social se trouve à Ottawa (Ontario), coordonne l’activité cinématographique de tous les ministères fédéraux.

1950 : Promulgation de la Loi nationale sur le film
Au mois d’octobre, le Parlement canadien sanctionne la Loi nationale sur le film, qui définit l’Office comme un organisme établi « pour susciter et promouvoir la production et la distribution de films dans l’intérêt national, et notamment pour produire et distribuer des films destinés à faire connaître et comprendre le Canada aux Canadiens et aux autres nations », et pour :

  • représenter le gouvernement fédéral dans ses relations avec des personnes exerçant une activité cinématographique commerciale liée à des films cinématographiques réalisés pour le gouvernement ou l’un de ses départements ;
  • faire des recherches sur les activités filmiques et en mettre les résultats à la disposition des personnes faisant de la production de films ;
  • guider le gouverneur en conseil en matière d’activité filmique ;
  • remplir, en matière d’activités filmiques, les autres fonctions que le gouverneur en conseil peut lui assigner.

1965 : Régionalisation des activités
À la suite du rapport commandé par le gouvernement fédéral au producteur indépendant Gordon Sheppard sur ses politiques et ses activités culturelles, l’ONF amorce la régionalisation de la Production anglaise ; des producteurs sont nommés à Vancouver et Toronto et bientôt dans les Prairies et les Maritimes.

But de cette initiative : favoriser le recrutement de jeunes cinéastes et le développement de productions locales, notamment en répartissant davantage les commandites dans les régions. Le rapport recommande en outre de confier plus de productions à l’entreprise privée.

Enfin, l’ONF ferme les dépôts de films qu’il avait établis dans plusieurs agglomérations canadiennes pour commencer à faire lui-même la distribution dans 21 villes au pays. Ainsi s’amorce le déclin progressif de ce que l’on appelait les Conseils du film.

1973 : Développement de l’aide artisanale
On inaugure le Programme de régionalisation du Québec, connu sous le nom d’Aide artisanale au cinéma et à la formation. Ce programme, portant aujourd’hui le nom d’Aide au cinéma indépendant – Canada ou ACIC (au Programme français) et Program to Assist Filmmakers in the Private Sector ou PAFPS (inauguré sept ans plus tard au Programme anglais), fournit divers services reliés à la production aux cinéastes qui font un film de manière artisanale.

1978 : Transfert au secteur indépendant de la responsabilité de la production des films commandités
Le secrétaire d’État John Roberts, comparaissant devant le Comité permanent de la radiodiffusion, des films et de l’assistance aux arts, annonce que le Canada confiera au secteur indépendant plus de 50 % des commandites de films. L’Office national du film crée alors un Conseil de révision des films commandités.

Trois ans plus tard, l’Office annonce que la plus grande partie des films commandités par les ministères, ce qui représente environ 25 % de ses réalisations, sera désormais confiée à l’industrie privée. Cependant, il tiendra le rôle de producteur exécutif, ce qui constitue un changement majeur dans son mandat. Il donne ainsi suite aux pressions répétées du secteur indépendant et au désir du gouvernement de renforcer la viabilité de ce secteur d’activité.

1980 : Précisions au mandat original apportées par le conseil d’administration
Le conseil d’administration entérine cinq objectifs qui apportent des précisions au mandat de l’ONF :

  • servir l’intérêt public ;
  • faciliter l’accès aux films ;
  • être présent sur la scène internationale, particulièrement au Tiers-Monde ;
  • innover dans le domaine technique par l’importance de la recherche et du développement ;
  • jouer un rôle actif dans la politique nationale sur le film.

1980 : création du Comité Applebaum-Hébert
Le gouvernement du Canada met sur pied le comité d’étude de la politique culturelle fédérale, mieux connu sous le nom de Comité Applebaum-Hébert, qui se penchera notamment sur le rôle de l’ONF. Deux ans plus tard, le rapport de ce comité recommandera que l’Office national du film cesse de produire et de distribuer des films et se transforme en un centre de recherche et de formation.

Tout en souscrivant à ses principes culturels, l’ONF rejette ces recommandations.

1984 : publication de la Politique nationale du film et de la vidéo
Le ministre des Communications Francis Fox dévoile la Politique nationale du film et de la vidéo, qui ajoute deux précisions au mandat original de l’ONF. Ainsi donc, en plus de « produire et distribuer des films destinés à faire connaître et comprendre le Canada aux Canadiens et aux autres nations », l’ONF devient également, d’une part, « un centre mondial d’excellence en matière de production de films et de vidéos »; d’autre part, « un centre national de formation et de recherche dans l’art et la technique du film et de la vidéo ».

Qu’entendait-on par « centre mondial d’excellence » ?
Depuis sa création en 1939, l’ONF jouissait effectivement d’une haute réputation sur le plan international pour la grande qualité de ses réalisations, en particulier dans les domaines du documentaire et du film d’animation. D’ailleurs, l’organisme, tout en gardant une vision « canadienne » des choses, est souvent allé au-delà de son mandat qui consistait à « faire connaître et comprendre le Canada au Canadiens et aux autres nations ».

Le gouvernement du Canada, par la Politique nationale du film et de la vidéo, a voulu apporter à ce mandat des modifications qui donneraient à l’ONF la possibilité de mettre en valeur ses qualités « de producteur oeuvrant à la frontière du possible artistique, de commentateur des grandes questions intéressant le Canada et le monde » et, ainsi, compléter les productions du secteur indépendant.

Et par « centre national de formation et de recherche » ?
Suivant les recommandations du Comité d’étude de la politique culturelle fédérale, le gouvernement du Canada, en vertu de ladite politique, a également enjoint à l’ONF de consacrer davantage de ressources et d’énergies à la recherche, lui demandant entre autres:

  • de repousser les frontières technologiques du film et de la vidéo, en travaillant par exemple à des projets de films pour écran géant;
  • de mettre en valeur ses propres ressources, en collaborant étroitement avec le secteur indépendant, les institutions d’enseignement, les organismes fédéraux intéressés, les organismes provinciaux de film et de télédiffusion, les centres de recherche du gouvernement; et
  • de devenir un haut lieu d’apprentissage pour les jeunes cinéastes et pour les gens de métier qui éprouvent le besoin de se ressourcer.

1995 : Réévaluation du mandat de l’ONF par le Comité de révision des mandats
Lors du dépôt de son budget en février, le gouvernement fédéral informe l’Office national du film, mais aussi Téléfilm Canada et la Société Radio-Canada, que leur mandat sera redéfini en cours d’année.

Un comité spécial composé de MM. Pierre Juneau et Peter Herrndorf ainsi que de Mme Catherine Murray est formé pour étudier la mission de chacune des trois institutions. Le rapport de ce comité, intitulé « Le cinéma et la télévision du Canada au 21e siècle », a été déposé le 31 janvier 1996. Tout en appuyant le rôle de l’Office national du film en tant que producteur public, il suggère notamment d’en rationaliser les activités afin de mettre l’accent sur la production, de susciter le renouvellement de cette production et de privilégier la télévision comme canal de distribution.

1996 : Approbation par le conseil d’administration du Plan d’action pour l’ONF de l’an 2000
Le Conseil d’administration de l’Office national du film du Canada, lors d’une réunion tenue en mars 1996, a approuvé un plan global visant à restructurer l’organisme à la suite d’importantes compressions budgétaires, aux changements technologiques et au dépôt du Rapport du Comité de révision des mandats.

Le communiqué de presse émis à cette occasion fait état des principales mesures approuvées par le conseil et détaillées dans le Plan d’action – Une nouvelle charte pour un nouveau siècle.

2002: Le conseil d’administration de l’ONF approuve le Plan stratégique 2002–2006

En janvier 2002, le conseil d’administration de l’ONF a approuvé le Plan stratégique 2002–2006, lequel visait à gérer les conséquences des réductions significatives d’environ 32 % des crédits parlementaires de l’ONF au cours des années 1990. Le nouveau Plan mettait surtout l’accent sur la consolidation de l’image de marque de l’ONF et  sur le renouvellement des liens avec la population canadienne tout en réaffirmant l’engagement de l’ONF à produire et à distribuer des œuvres audiovisuelles distinctives, audacieuses et pertinentes reflétant la diversité culturelle  et présentant au monde un point de vue authentiquement canadien.

Pour consulter la version intégrale du Plan stratégique 2002–2006, cliquer ici.

2008: Une nouvelle stratégie de l’ONF à l’ère numérique

En avril 2008, l’ONF a présenté son nouveau Plan stratégique quinquennal. Le plan repose sur un retour aux fondements de l’ONF, soit : encourager les créateurs, privilégier la créativité et les productions socialement engagées en exploitant les nouvelles technologies et rendre les résultats accessibles à tous les Canadiens et les Canadiennes.

De nos jours, les technologies numériques transforment les façons de créer, d’expérimenter et de partager les médias. Le producteur et distributeur public du Canada se transforme lui aussi : il exploite les nouvelles technologies pour repousser les limites, prendre des risques et rejoindre  la population canadienne dans toutes les régions du pays de façons nouvelles et captivantes.

Pour en savoir plus sur la nouvelle vision de l’ONF de l’avenir du secteur public de l’industrie cinématographique, cliquer ici.