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Brise-vent des Prairies

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Au début du siècle, on ouvrit tout grand l'Ouest à la colonisation. C'était la belle époque : les champs de blé rapportaient plus que les mines d'or. Le sol gras des Prairies constituait une richesse inégalable. L'utilisation du moteur à essence encouragea le fermier à faire plus grand et plus vite encore. En 1930, la dépression économique s'étend sur le monde. Le blé reste en entrepôt : on ne trouve plus d'acheteurs - le commerce périclite - on entame davantage les ressources forestières des Prairies afin de trouver dans le commerce du bois de quoi subsister, sans se rendre compte que le sol est de plus en plus exposé à son ennemi mortel, l'érosion. Le soleil, en effet, brûle le gras du sol. L'eau qui n'est plus retenue par des dispositifs naturels (la forêt) commence à tout charrier sur son passage, alors qu'ensuite on en manquera pendant des mois et des mois. La sécheresse apparaît et s'ajoute à la crise. Étape par étape, c'est la pauvreté, la misère et bientôt la débâcle. Plus tard, des enfants de dix ans n'auront pas souvenance d'avoir vu ce qu'était la pluie! L'État canadien ne peut rester indifférent à un tel spectacle. On légiféra donc dans le sens du rétablissement des terres. On creuse des cours d'eau et des réservoirs artificiels où l'on conservera le produit de la pluie et celui de la fonte des neiges; on reboise sur une base scientifique, malgré le dicton populaire qui veut que les arbres ne repoussent jamais sur les Prairies.

1946, 21 min

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