Dessin montrant un petit garçon avec une grosse tête. Photo d’un personnage de BLA BLA, un site Web interactif réalisé par Vincent Morisset en 2011.

Communiqués de presse et trousses médias

L'ONF salue l'œuvre immense de Michel Brault, grand pionnier de notre cinéma

Communiqué de presse

2013/09/23


Montréal, le 23 septembre 2013 – L'Office national du film du Canada (ONF) souligne l'apport exceptionnel au cinéma québécois et canadien de Michel Brault, décédé le 21 septembre à l'âge de 85 ans.

« Maître du cinéma direct, virtuose de la caméra, directeur photo inspiré, réalisateur sensible et doué autant en documentaire qu'en fiction, Michel Brault est l'un des grands de notre cinématographie. Passionné autant par les innovations techniques que par ce qu'elles permettent de saisir, il a marqué, avec l'équipe française de l'ONF des années 1960, l'essor du cinéma québécois. Il demeure une source d'inspiration pour les nouvelles générations de cinéastes et d'artisans du cinéma, et c'est un honneur pour nous, à l'ONF, d'avoir pu soutenir son talent », a déclaré Tom Perlmutter, commissaire du gouvernement à la cinématographie et président de l'ONF.

« Michel Brault fait partie de toute une génération, de Claude Jutra à Gilles Groulx, d'Arthur Lamothe à Pierre Perrault, dont le travail est au cœur de l'émergence du cinéma québécois. Ces bâtisseurs disparaissent peu à peu, mais leurs œuvres restent bien vivantes, portées par le souffle de l'affirmation d'une identité. À l'ONF, nous sommes profondément attristés de son départ », a affirmé Monique Simard, directrice générale du Programme français de l'ONF.

Né à Montréal en 1928, Michel Brault est tour à tour caméraman, directeur de la photographie, scénariste, réalisateur et producteur. Il a signé comme réalisateur et directeur photo quelque 200 films, dont plusieurs chefs-d'œuvre.

Entré à l'ONF en 1956, il collabore à quelques épisodes de la célèbre série Candid Eye, puis tourne en 1958 Les raquetteurs, coréalisé avec Gilles Groulx, documentaire marquant les débuts du cinéma direct, déterminant pour l'équipe française de l'institution. En plus d'un séjour en France où il tourne avec Jean Rouch et Mario Ruspoli, il signe, toujours à l'ONF, La lutte (1961, coréalisé avec Marcel Carrière, Claude Fournier et Claude Jutra), Québec-U.S.A. ou l'invasion pacifique (1962, coréalisé avec Claude Jutra), Les enfants du silence (1962), le chef-d'œuvre Pour la suite du monde (1962, coréalisé avec Pierre Perrault), film inoubliable sur la pêche au marsouin à l'Île-aux-Coudres, Le temps perdu (1964), le court métrage de fiction Geneviève (1965), qui marque les débuts de sa collaboration avec la comédienne Geneviève Bujold, et le documentaire en coproduction internationale La fleur de l'âge (1966, coréalisé avec Gian Vittorio Baldi, Jean Rouch et Hiroshi Teshigahara).

Hors de l'ONF, Michel Brault signe son premier long métrage de fiction en 1967, Entre la mer et l'eau douce, avec les comédiens Claude Gauthier et Geneviève Bujold. De retour à l'ONF, il réalise les documentaires Le beau plaisir (1968, coréalisé avec Pierre Perrault et Bernard Gosselin), Éloge du chiac (1969), et L'Acadie l'Acadie?!? (1971, coréalisé avec Pierre Perrault), films marqués par l'affirmation identitaire.

Il réalise ensuite Les ordres (1974), long métrage de fiction magistral, qui lui a valu le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1975 et quatre prix au Palmarès du film canadien (devenu les prix Génie). De 1974 à 1980, il produit et coréalise, avec André Gladu, Le son des Français d'Amérique, une série de 27 films sur les musiques traditionnelles des francophones d'Amérique du Nord. Suivront les longs métrages de fiction Les noces de papier (1989, Productions du Verseau/ONF), Montréal vu par... (1991, coréalisation, coproduction Cinémaginaire/Atlantis Films/ONF), Shabbat Shalom (1992), Mon amie Max (1994, Productions du Verseau/Productions Lazennec/ONF) et Quand je serai parti… vous vivrez encore (1999). En 1996, Michel Brault renoue avec le documentaire et réalise un film d'une heure sur le peintre Ozias Leduc ( Ozias Leduc... comme l'espace et le temps) puis, en 2002, il réalise le documentaire La Manic.

Son travail comme chef opérateur, impressionnant, compte Mon oncle Antoine (1971, ONF) et Kamouraska (1973) de Claude Jutra, Le temps d'une chasse (1972, ONF) et Les bons débarras (1980) de Francis Mankiewicz, Mourir à tue-tête d'Anne Claire Poirier (1978, ONF) ainsi que Louisiane (1984) de Philippe de Broca.

Michel Brault a reçu pour l'ensemble de son œuvre, entre autres récompenses, le prix Albert-Tessier – la plus haute distinction cinématographique québécoise – en 1986, un des Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle en 1996 et le prix Jutra-Hommage en 2005. Il a été nommé officier de l'Ordre national du Québec en 2003.

L'ONF lui a consacré un coffret dans la collection Mémoire de l'ONF : Michel Brault – Œuvres 1958-1974 Works.

Pour la suite du monde et plusieurs autres œuvres réalisées par Michel Brault sont à voir sur ONF.ca.

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Renseignements :

Nadine Viau                       
Relationniste ONF                   
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Lily Robert
Directrice, Communications institutionnelles, ONF
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